dimanche 18 juillet 2010

Casablanca










































Casablanca.
J'y suis un étranger. Je devine que dans toute cette excitation économique, il me sera difficile de photographier ce qui m'intéresse, une rencontre. Trop peu de temps pour cela. Les murs sont hauts et les portes closes.
Je décide de visiter en périphérie de la ville deux ateliers de mécanique. J'y apprends que certains y mangent des hérissons. Puis, avec Hafed un ouvrier, nous partons en quête d'un engrenage qu'il trouvera peut-être dans une casse. Beaucoup de temps est perdu car les personnes sont parfois injoignables ou les pièces inadaptées.
Toujours de fil en aiguille je rencontre le paysan voisin de l'un des ateliers, qui m'offre des légumes en remerciement de son portrait et me montre le serpent qu'il a tué. Il veut m'offrir autre chose mais trop tard, je suis déjà parti. Simple touriste...

23 commentaires:

Anonyme a dit…

joli periple, toujours aussi bien illustre!merci de le partager avec nous!
amities
laure

Pascal Bodin a dit…

Merci Laure
Alors toi aussi tu es dans le wagon du projet 26, belle aventure!
Amitiés

olivier Leroy a dit…

Pas facile quand on connait personne !
Tu t'en tire bien pour un touriste :)

Pascal Bodin a dit…

Merci olivier
La plus grosse difficulté, c'est le temps, il en faut pour comprendre toute la richesse de ce pays...
Passer sans voir, c'est ma hantise :-)

Grégoire a dit…

Une série d'images loin des sentiers touristiques, des images étranges et fortes.
Il y a une certaine forme de courage pour aller là ou l'on ne t'attend pas au risque de se heurter à l'incompréhension.

Pascal Bodin a dit…

Merci beaucoup Grégoire.
Citer Tahar ben Jelloun dans Le Désir du Maroc par Tahar ben Jelloun, Alain d'Hooghe et Mohamed Sijelmassi est pour moi la meilleure façon de te répondre...


Je veux éviter le "mépris" même inconscient de "l'indigène".

Très belles visions autres que colonialistes ou folkloriques de ce pays par des photographes tels que Jean-Marc Tingaud, Christophe Bourguedieu, Martine Voyeux, Bernard Plossu, Harry Gruyaert, Gérard Rondeau, Bernard Descamps, Hugues de Wurstemberger, Jean-Pierre Evrard et d'autres.

"Ce qui intéresse ces photographes modernes sont la lumière et ses nuances, la diversité et la différence, le banal et le quotidien et les gestes d'une société en pleine évolution. Ce Maroc là est inépuisable."

C'est aussi comme ça que je vois les choses à mon niveau :-)

Grégoire a dit…

Echapper à cette vision "colonialiste" ou "folklorique" est un point qui me travaille aussi, avec la constatation que c'est souvent les populations démunies qui concentrent le plus notre regard et notre intérêt et l'impression que l'on ne peut jamais totalement y échaper dès qu'il s'agit de photographier la différence.
Les quelques repères que je me suis donnés sont de toujours rester sensible aux rapports humains quand je photographie une personne, à ce que mes images véhicule sur une personne, de ne pas rammener d'images de coutumes dénaturées par le tourisme...

Pascal Bodin a dit…

Tu suis exactement les propos de Tahar Ben Jelloun:

"Même si le folklore est intéressant à connaître, il doit rester en retrait ou bien dans sa place, c'est à dire dans les lieux où il vit normalement. Le folklore ne voyage pas. Quand on le déplace, il perd de sa fraîcheur et de sa vérité".

"Aimer et respecter ce qu'on photographie"...
Ca se sent dans tes portraits. Et cette affiche, absolument irrespectueuse de ton travail, des nouvelles?

Grégoire a dit…

Merci pour ton retour...
En ce qui concerne l'affiche, je viens de voir passer une version qui me semble un peu édulcorée (un tout petit peu moins pire). De toute facon, je ne suis ni à la bonne place et je n'ai pas vraiment le temps pour avoir une influence la-dessus.
En pratique, ils se sont appropiés le droit d'utiliser mes images pour l'affiche (et la plaquette) sachant que je réalise une expo photographique pour le festival.
Sachant, qu'ils m'allouent un budget "relativement conséquent" pour cette exposition et que je vais bénéficier de la publicité faîte autour du festival pour l'expo. Je préfère voir le bon côté des choses :D.

Pascal Bodin a dit…

Tu fais bien, en espérant que ce directeur artistique d'un jour ne sévisse pas encore... :-)

Gildas a dit…

Superbe série !
Il me tarde de vous revoir monsieur Bodin.

Pascal Bodin a dit…

Merci.
Quand vous voudrez, cher ami ;-)

albin a dit…

superbe série, Pascal, une approche, des cadrages et des couleurs qui me revissent les yeux !

albin a dit…

... me revissent et me ravissent les yeux, bien entendu ! (mes doigts s´emportent !)

Pascal Bodin a dit…

Merci Albin! :-)

Sylvain a dit…

Là aussi, c'est magique !
L'ambiance est vraiment étonnante.

Pascal Bodin a dit…

Merci Sylvain! (avec un peu de retard...)

Sophie Duchêne a dit…

Très belle série où je retrouve l'image du Maroc que j'ai eu l'occasion de découvrir un peu, au delà des circuits touristiques .

Pascal Bodin a dit…

Merci Sophie
J'aimerais y retourner, m'y perdre un peu plus... On dirait que ça commence à bouger politiquement au Maroc, jusqu'où ira l'onde de choc venue de Tunisie?

Sophie Duchêne a dit…

Moi aussi, j'adore ce pays, il y a tellement de choses à voir, ou simplement à sentir, se balader dans les rues ou simplement siroter un café et observer le perpétuel mouvement de la rue.
J'espère pour eux.

Rémi a dit…

Une bien belle série!

Pascal Bodin a dit…

Merci Rémi,
triste nouvelle, le paysan est mort, tué sur le coup, renversé par une voiture il y a de cela environ un mois.

Rémi a dit…

c'est très triste en effet ...